Elle n'aura pas suffi, la menace d'Arnaud Rousseau, la veille, de nouvelles mobilisations en l'absence de mesures supplémentaires pour aider les agriculteurs face à l'augmentation des prix du gazole non routier (GNR) et des engrais. Concluant l'assemblée générale de la FNSEA le 2 avril, la ministre de l'Agriculture a indiqué qu'elle était « très consciente et très préoccupée » pas ce dossier, mais n'a pas annoncé de nouvelle mesure. En amont de sa prise de parole, les congressistes ont imposé à la ministre un brouhaha de plusieurs dizaines de secondes, et brandi des feuilles sur lesquelles était écrit « GNR ».
Les sénateurs à l’origine de la proposition de loi (PPL) Duplomb 2, qui vise la réautorisation dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, ont « totalement » repris les recommandations formulées par le Conseil d’État dans son avis du 26 mars, ont-ils annoncé en conférence de presse le 2 avril. Parmi les principales modifications, les sénateurs ont élargi le champ de l’avis scientifique préalable de l’Anses à l’ensemble des cultures concernées (betteraves, pommes, noisettes, cerises). Une étude que l’agence sanitaire pourrait rendre en « deux mois », selon Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire). Le nouveau texte prévoit que le pouvoir réglementaire devra préciser les modalités des dérogations, en se basant sur l’avis de l’Anses. Afin de respecter le principe de précaution, les dérogations ne seront plus possibles en cas de nouvelles études prouvant « des risques significatifs pour la santé humaine » ou une atteinte « grave et irréversible » à l'environnement.
Vendredi 3 avril
Portes ouvertes dans un élevage de « poulets du quotidien » en Haute-Garonne (Vivadour)
Lundi 6 avril
Sommet One Health, à Lyon, jusqu’au 7
Mardi 7 avril
Conférence de presse sur l’avancement du Plan national châtaigne
Audition d'Interbev (viande rouge) et d'Anvol (volaille de chair) à l'Assemblée nationale
Conférence de presse de LCA-Luzerne de France et de Désialis
Rapport d'information sur la planification écologique dans les territoires à l’Assemblée nationale
Mercredi 8 avril
Présentation du projet de loi d’urgence agricole en Conseil des ministres
Vote sur la révision ciblée du règlement OCM en commission de l'Agriculture du Parlement européen (dénominations de viande, contrats écrits)
23es Rencontres de droit rural d’Agridées
Audition d'Intercéréales à l'Assemblée nationale
Jugement des agriculteurs pour dégradations de transformateurs Enedis à Toulouse
Délibéré dans une affaire des pesticides interdits importés d’Espagne
Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer
Conférence de presse de l’Anem (élus de montagne) sur leur PPL transpartisane
Jeudi 9 avril
Assemblée générale du SGV (champagne)
Assemblée générale de l’Association française des producteurs d’endives, à Arras
Conférence de presse de la Confédération paysanne sur le projet de loi d’urgence agricole
Conférence de presse de la filière gaz renouvelables
Conférence de presse biocontrôle des chambres d'agriculture
Session Pac post 2027 des JA, dans l'Aveyron
Journée « désherbage alternatif » de l’Iteipmai (PPAM), à Chemillé-en-Anjou
Journée technique « Poules pondeuses » de l’Itavi
Colloque d’Arvalis sur les orges brassicoles, à Arras
Conférence de presse annuelle de Biocoop
Sedima’s Days (distributeurs de matériel agricole), à Vichy, jusqu’au 10
Le Geco Food Service (fournisseurs de la RHF) reçoit le grossiste Sysco
Vendredi 10 avril
Résultats semestriels de Sodexo
Samedi 11 avril
Colloque de la Conf' de Loire-Atlantique sur le statut du fermage
À l'occasion de son assemblée générale, à Caen le 1er avril, la FNSEA n'a acté que des grands principes pour la réforme des cotisations appelées auprès des fédérations départementales, qui sera finalement adoptée au congrès de l'an prochain. L'idée générale est que le calcul soit « plus simple et plus accessible », indique-t-on à la FNSEA. Plusieurs hypothèses ont été évoquées, dont celle d'un calcul sur la base du seul nombre d'adhérents, et d'une cotisation forfaitaire pour les fédérations de moins de 300 adhérents. Actuellement, les cotisations appelées auprès des fédérations départementales sont calculées sur la base de plusieurs critères (surfaces agricoles/nombre d'agriculteurs/richesse agricole du département ; et nombre d'adhérents).
Saisie en référé par le fabricant allemand de pesticides, Cosaco GmbH, la justice a suspendu le 31 mars, en première instance, des restrictions d’usage du cuivre en viticulture et demandé à l’agence sanitaire Anses de «réinstruire» les demandes de mises sur le marché de produits dont elle avait décidé de ne pas renouveler l’autorisation, a annoncé le tribunal administratif de Melun. Mais l’Anses a décidé, en juillet 2025, de ne pas réautoriser la mise sur le marché de 17 produits en tout incluant du cuivre, dont ceux de la société requérante, les fabricants n’ayant pas fourni les éléments attendus, selon l’agence sanitaire, dont la décision devait s’appliquer à compter de 2027. Le tribunal administratif de Melun «a partiellement suspendu l’exécution de ces décisions, au regard de leurs conséquences économiques» pour l’industriel «et de la réduction très importante de l’offre de solutions à base de cuivre pour le secteur viticole», a indiqué le tribunal dans un communiqué.
Dans un avis publié le 30 mars, l’Anses suggère plusieurs pistes pour renforcer la biosécurité en alpage afin d’éviter la contamination des ruminants par la brucellose, maladie diffusée par les bouquetins et transmissible à l’homme. Le rapport liste quatre objectifs en la matière : « limiter le recoupement des aires d’usage entre bétail et ongulés sauvages » ; « éviter de créer des points d'attraction pour les ongulés sauvages » ; « éviter l’utilisation par le bétail de zones possiblement contaminées » ; et « limiter le risque de transmission directe ». L’agence sanitaire propose onze mesures, allant d’une modification des dates de montée en alpage au renforcement de la présence humaine, en passant par l’utilisation de chiens de protection ou de clôtures.
A l'occasion d'une réunion, le 24 mars, du comité de pilotage du Plan national d’actions en faveur du lynx boréal (PNA), dont la programmation actuelle s'achève en 2026, le préfet coordonnateur a annoncé qu'une expérimentation de lâchers de lynx va être conduite d'ici l'an prochain, rapportent plusieurs parties prenantes. Le territoire concerné sera volontaire, mais reste encore à le déterminer, tout comme l’origine et le nombre de lynx lâchés.
Plusieurs délégations (Portugal, Grèce, États baltes) ont apporté leur soutien à la demande de la France, le 30 mars lors de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, de suspendre immédiatement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) sur les engrais azotés. La ministre Annie Genevard propose soit une suspension juridique formelle (par la modification du règlement), soit une mise à zéro technique des valeurs par défaut pour les engrais. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen s’est, lui aussi, une nouvelle fois montré réticent à cette idée. « Nous avons déjà pris des mesures pour réduire les droits de douane. Suspendre le MACF pour les engrais risquerait d’aggraver notre dépendance aux importations », fait-il valoir. Il promet que le plan d’action sur les engrais, initialement prévu pour le mois de juin, tiendra compte de la situation avec des mesures de court et long terme. Une réunion « urgente de haut niveau avec les parties prenantes » pour discuter de ce plan se tiendra le 13 avril à Bruxelles.
Le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre a dévoilé le contenu du plan national de lutte contre le frelon asiatique, à l'occasion d'un déplacement dans les Vosges le 27 mars. Il prévoit « un financement global de trois millions d'euros par an » pour financer les moyens de lutte et de prévention contre le prédateur d'abeilles, ainsi que des actions de formation, selon le dossier de presse. Parmi les moyens de lutte financés figurent : « le piégeage de printemps », qui vise à capturer les reines fondatrices de colonies de frelons asiatiques ; « la destruction des nids » ; « le piégeage d'automne », qui vise à piéger les ouvrières des colonies ; et « la protection des ruches à l'aide de pièges sélectifs ». Les financements sont accessibles aux collectivités et associations, qui devront déposer leur demande via un « guichet dédié » qui ouvrira le 1er mai.
« Le gouvernement a décidé de renoncer pour le mois d’avril au prélèvement de tout droit d’accise sur le gazole non routier agricole », a annoncé Annie Genevard lors d’une conférence de presse le 27 mars. Selon la ministre de l’Agriculture, cette mesure représente un soutien de « 14 millions d’euros sur le mois » ; elle sera financée par une annulation de crédit du même montant, précise un communiqué du gouvernement. Il y a deux jours, la ministre excluait encore un tel geste, rappelant la « situation budgétaire du pays ». Par ailleurs, Annie Genevard demandera « la suspension ou la neutralisation » du MACF (taxe carbone aux frontières) pour les engrais lundi 30 mars, lors du Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE. « De nombreux États sont d’ores et déjà alignés sur notre position », a-t-elle affirmé, promettant de « réunir la coalition la plus large et la plus solide possible ».
À l'occasion d'une audition à l'Assemblée nationale le 26 mars, le président de la CGB (betteraviers, FNSEA), Franck Sander a évoqué les prévisions de surfaces 2026. « On risque de tomber à 370 000 hectares, avec -7 % », a annoncé le Bas-Rhinois. « Et, dans le scénario catastrophe, si la tendance reste comme elle l'est aujourd'hui, il suffirait que les céréales augmentent de 20 % et on se retrouverait demain à 300 000 hectares de betterave. Ce qui veut dire qu'on fermerait cinq sucreries supplémentaires, et pas des petites. » L'an passé, les surfaces avaient reculé de 4,9 % par rapport à 2024, retrouvant ainsi le niveau bas de 2023.
D’après son bilan annuel publié le 26 mars, l’Office français de la biodiversité (OFB) estime que la population d’ours bruns des Pyrénées comprend « un minimum de 108 individus différents », un effectif toujours en croissance. Ce résultat a été obtenu à partir de 3 287 indices récoltés en France, en Espagne et en Andorre. Une autre méthode de calcul, baptisée CMR (pour « capture-marquage-recapture »), donne une taille de population « entre 109 et 143 individus », avec une « estimation moyenne » à 130 ours. Prenant en compte « l’hétérogénéité de la détection entre les individus », la méthode CMR doit remplacer progressivement la méthode actuelle (EMD-EMR).
Dans une décision rendue publique le 26 mars, le Conseil d'État refuse l'accès à des registres d'épandage de pesticides qu'avait demandé l'association Générations futures sur la commune de La Sauve (Gironde), annulant ainsi la décision du tribunal administratif de Bordeaux. Le Conseil d'État confirme qu'il s'agit bien d'informations relatives à l'environnement, soumises à des obligations de transparence, mais que l'administration n'est tenue de faire droit à une demande de communication « que dans l'hypothèse où elle détient ces informations ». Or, il ressort des pièces du dossier que le directeur de la Draaf n'était pas en possession de ces informations.
Vendredi 27 mars
Assemblée générale d’Excellence Végétal (labels horticoles) aux Alleuds (Maine-et-Loire)
Dimanche 29 mars
Inauguration de la ferme urbaine du parc de La Villette, à Paris
Lundi 30 mars
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Vision sur l'avenir de l'agriculture, commerce, situation du marché laitier)
La FNSEA rencontre Sébastien Lecornu
Conférence de presse du Cifog (interprofession du foie gras)
Journées Export Agro de Business France, jusqu’au 3 avril
Mardi 31 mars
Congrès de la FNSEA, à Caen, jusqu'au 2 avril
Conférence de presse de Standing Ovation
Conférence de presse La Vie
Auditions parlementaires des industriels et de l'Efsa sur les laits infantiles
Mercredi 1er avril
Salon Snack show, jusqu’au 2 avril
Auditions parlementaires d'Interfel et d'Inaporc
Table-ronde sur la PPL Nature en entreprise, à l’Assemblée
Journées de la naturalité sur le biomimétisme, à Avignon, jusqu’au 2 avril
Jeudi 2 avril
Conférence de presse Asperges de France
Conférence de presse Prévention & Modération (alcool)
Soirée-conférence de FNH sur les liens santé-environnement
Samedi 4 avril
Marche Printemps bruyants contre les pesticides, à Paris
Dans un jugement du 25 mars, la Cour de justice de l’UE (CJUE), annule la décision de la Commission européenne de juillet 2021 par laquelle elle a refusé à l’ONG ClientEarth l’accès aux documents ayant conduit à l’approbation des pesticides mancozèbe et cyperméthrine. ClientEarth avait demandé l’accès à des documents afin de comprendre pourquoi le Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux avait accepté de renouveler l’autorisation de ces molécules malgré les réserves de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). Mais l’exécutif l'avait refusé. L’ONG se félicite donc que la CJUE reconnaisse « le manque de transparence entourant les autorisations de pesticides dans le cadre de la procédure dite de comitologie ».
Face aux récentes inondations, l’État autorise temporairement la pulvérisation de pesticides par drone sur des vignes et vergers dans quatre départements d’Occitanie, selon un arrêté paru le 26 mars au Journal officiel. Cette dérogation est valable « jusqu'au 30 avril 2026, pour le traitement des parcelles de vignes et de vergers fruitiers rendus inaccessibles ou impraticables par la voie terrestre du fait des inondations, dans les départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales ». Le feu vert est assorti de nombreuses conditions. Seule la bouillie bordelaise RSR Disperss figure dans la liste de produits phytosanitaires autorisés. Une déclaration préalable de traitement doit être transmise au préfet de département « avec un préavis d'au moins 48 heures ».
Interrogé pour une réaction sur l’expertise de l’Anses sur la surexposition des Français au cadmium (lire ici et lire là), le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a indiqué qu’« un ensemble de textes réglementaires a été travaillé en interministériel – le socle commun (décrets et arrêtés) – pour uniformiser et renforcer l’encadrement de l’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture ». Sans précision chiffrée, le ministère ajoute que « la trajectoire de diminution (du cadmium, NDLR) retenue est à la fois exigeante et réaliste. Elle permet aux professionnels de se projeter pour faire évoluer de façon pérenne leurs pratiques ».
À l'occasion de la Matinée export organisée par Intercéréales et Agro Paris Bourse le 25 mars, le président de la Coopération agricole - Métiers du grain a alerté sur les effets d'une hausse prolongée des prix des engrais sur la récolte de céréales 2027. « Les coopératives françaises achètent leurs engrais à partir du mois de mai. S'il ne se passe rien d'ici au 15 mai, nous allons mettre en forte tension notre capacité de production », a déclaré Antoine Hacard. Et de prévenir : « Compte tenu du prix de la tonne de blé, il n'y aura pas d'achats d'engrais ».
Dans un avis présenté à la presse le 24 mars qui confirme que la population est surexposée au cadmium (voir ci-dessus), l’Anses identifie plusieurs « leviers » pour diminuer l’imprégnation et les risques associés pour la santé humaine. Tout d’abord, l’agence sanitaire « appelle à appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes ». Comme dans son avis de 2019, elle recommande de « ne pas dépasser un flux d’apport de 2g de cadmium par hectare et par an ». Pour cela, elle recommande une teneur maximale de 20mg de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P205) dans les engrais minéraux phosphatés » a indiqué Yann Le Bodo, chargé de projet à la direction sciences sociales et économie. Pour mettre en œuvre l’abaissement des teneurs en cadmium dans les engrais, l’Anses propose de privilégier des approvisionnements en roches phosphatées et produits dérivés à moindre teneur en cadmium, ou sinon d’avoir recours aux techniques de décadmiation qui existent à un coût « raisonnable ».
Réagissant à la conclusion, durant la nuit, d'un accord commercial entre l'Union européenne et l'Australie, incluant de nouveaux contingents tarifaires pour la viande rouge, la Confédération paysanne dénonce une « folie pure, sur le plan économique, social, territorial et climatique » et appelle « à se mobiliser dans les prochains jours dans les territoires ». Pour la Conf', les contingents pour la viande rouge « accentuent gravement les menaces », et la conditionnalité sur l'élevage à l'herbe pour une partie des contingents « ne résout en rien le problème d'importations déloyales à plus bas prix sur le marché européen ».